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Reportage – Dans les coulisses de Miyabi – Au japon, une lame forgée avec grâce et exigence

Reportage – Dans les coulisses de Miyabi – Au japon, une lame forgée avec grâce et exigence

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À l’occasion des 20 ans de la marque, la coutellerie japonaise Miyabi – filiale du groupe allemand Zwilling – a accueilli une délégation française dans sa manufacture de Seki, véritable sanctuaire des lames japonaises. L’occasion exceptionnelle de plonger dans un monde où artisanat, haute technologie et philosophie humaine s’entrelacent pour donner naissance à des couteaux d’exception.

À environ 400 kilomètres de Tokyo, nichée dans la région industrielle de Gifu, la ville de Seki n’est pas une ville comme les autres : elle est la capitale historique de la coutellerie japonaise. Depuis plus de 800 ans, les maîtres forgerons y fabriquent leurs lames, perpétuant un savoir-faire artisanal reconnu à travers les « katanas ». Aujourd’hui encore, 57 % des couteaux japonais y sont fabriqués. C’est ici, à 40 km de Gifu et non loin de Nagoya, que s’élève l’usine Miyabi, filiale du groupe Zwilling. Une usine à la fois ultra moderne et profondément ancrée dans la tradition japonaise, où l’excellence coutelière rejoint l’exigence industrielle. Spécialisé en coutellerie haut de gamme, Zwilling (fondé à Solingen en 1731) a fait de Seki le berceau de sa filiale japonaise en 2004. À l’occasion de ses 20 ans, la marque Miyabi incarne plus que jamais ce mariage entre héritage et modernité.

Une manufacture au croisement de deux mondes

Dès l’entrée, une idée s’impose : cette manufacture est bien plus qu’un site de production. Elle incarne la fusion harmonieuse entre l’élégance artisanale japonaise et la rigueur technologique allemande. Comme le résume Monsieur Yamada : « Notre objectif est de fabriquer le plus beau couteau du monde. Et pour cela, nous avons besoin des deux univers. » Cet équilibre se reflète dans l’organisation et dans les artisans travaillant ici.

Le processus de fabrication d’un couteau Miyabi est d’une extrême minutie : du traitement thermique à la trempe, en passant par le polissage. Pas moins de 100 étapes sont nécessaires et près de six mois de formation sont requis pour un artisan avant de pouvoir travailler sur les modèles les plus prestigieux.

Des machines, mais surtout des personnes

Un fait rare dans l’univers de la coutellerie japonaise. L’usine Miyabi emploie une équipe composée à 40 % de femmes, un chiffre exceptionnel au Japon. La moyenne d’âge est de 35 ans : des jeunes, formés pendant plusieurs mois et qui, à peine âgés de 18 ans, insufflent déjà une énergie nouvelle.

Ici, on sent une énergie, un enthousiasme palpables. Les jeunes s’entraînent, s’impliquent, et chacun est invité à comprendre la valeur de sa tâche. L’organisation repose sur la méthode Kaizen, mise au point dans les usines Toyota dans les années 1950. Cette approche d’amélioration continue encourage chaque salarié, homme ou femme, à proposer des idées et à prendre la responsabilité de son environnement de travail. « Ici, c’est en faisant que l’on comprend comment faire mieux », explique Monsieur Nakamura. « Nous voyons que nos salariés grandissent avec l’entreprise. » Il n’est pas facile de recruter dans cette région dominée par l’industrie automobile. Pour attirer et fidéliser, Miyabi a donc mis en place un environnement propice à l’apprentissage et à l’épanouissement personnel.

Une école d’excellence

Chez Miyabi, rien n’est laissé au hasard. Il faut six mois pour devenir opérateur opérationnel, trois ans pour maîtriser la technique « Honbazuke », et au moins 150 000 couteaux affûtés pour être reconnu comme expert. Les tests de niveau sont nombreux, seuls les meilleurs artisans sont autorisés à travailler sur les modèles les plus prestigieux.

Le titre de Maître Forgeron certifié, quant à lui, s’obtient au bout d’une dizaine d’années. « Un beau travail ici, c’est, même dans cette manufacture, ce que l’on appelle les pièces exceptionnelles. Et fabriquer les pièces exceptionnelles, c’est aussi former les jeunes apprentis. Un travail permanent où l’exigence et la responsabilité de transmettre notre savoir-faire reste vivant. »

Le résultat ? Des pièces de série tenues par une rigueur exceptionnelle. Le soin des meilleurs artisans travaillant à la finition des plus belles pièces de la collection. La transmission est assurée entre les générations, les jeunes apprennent directement des maîtres. Ici, les artisans travaillent avec une intense concentration, dans le respect du temps nécessaire à chaque étape de fabrication. La lame devient alors l’expression d’un savoir-faire séculaire et de cette alchimie entre tradition et modernité.

L’obsession du détail et de la qualité

Chaque lame produite est soumise à des contrôles rigoureux. Tous les opérateurs vérifient le travail réalisé à chaque étape selon quatre critères principaux : qualité de la lame, finition, fonction et ergonomie. Chaque chaîne d’inspection croisée impose une constance rare dans l’univers industriel. L’usine produit environ 700 000 pièces par an. Certaines sont estampillées Zwilling (marque allemande du groupe Zwilling pour le seul Japon), d’autres sont signées Miyabi, fleuron de la coutellerie japonaise.

Parmi les modèles phares, les séries 5000 MCD ou 7000D, aux designs raffinés et aux finitions damassées. Sans oublier la série conçue avec le coutelier américain Bob Kramer, élu l’un des rares « Maîtres Forgerons » certifiés par l’American Bladesmith Society. Ce modèle hautement technique ne peut être fabriqué que par les artisans les plus aguerris de Miyabi, seule usine au monde à avoir su répondre aux exigences drastiques de son concepteur.
« Un couteau n’est pas un bien de consommation comme un autre au Japon. C’est un objet qui se transmet », nous explique notre guide. « Sa fabrication comme son entretien doivent être à la hauteur de cette exigence. » Miyabi propose d’ailleurs une gamme complète d’accessoires d’entretien, dont des pierres à aiguiser, pour accompagner le cycle de vie de ses couteaux.

Les meilleurs matériaux au service de la performance

La visite du laboratoire – où sont notamment réalisés tous les tests de structure et de résistance – a révélé à quel point la qualité et la performance sont au cœur des exigences de Miyabi. Chaque détail y est scruté avec une rigueur exemplaire, traduisant un engagement constant envers l’excellence.
Si l’expertise artisanale est au cœur du projet, elle s’appuie sur une matière première de tout premier ordre. Miyabi bénéficie de la technologie et des aciers de pointe développés par le groupe Zwilling. Les aciers FC61, MC63 ou encore MC66 – aciers en poudre très techniques réputés pour leur densité et leur homogénéité – sont analysés au microscope et testés en eau salée pour garantir leur résistance à la corrosion. Avec une dureté HRC 61, les lames allient solidité, finesse et longévité. Chaque pièce est minutieusement ajustée, notamment dans les zones critiques comme celle entre la mitre et la manche, afin d’empêcher toute infiltration d’eau ou de bactéries. Confort, ergonomie et hygiène sont traités avec autant d’attention que le tranchant.

Une exemplarité en matière sociale et environnemental

L’usine de Seki est la seule coutellerie japonaise à avoir demandé et obtenu la certification BSCI (niveau A), une norme internationale garantissant des conditions de travail équitables. Le respect des normes environnementales strictes, imposées par Zwilling, s’ajoute à cet engagement. Ici, chaque décision industrielle est pensée dans une logique durable. L’usine a ainsi une certification énergétique voulue par le groupe.

« Cette visite au cœur de Miyabi n’était pas seulement un voyage dans une usine. C’était un voyage dans une culture, dans un rapport au geste, à la transmission, à la matière. Ici, chaque couteau est une œuvre d’art fonctionnelle, façonnée par des mains passionnées et portée par une vision. Beauté, exigence, humilité. »

Source : Magazine Home Fashion News – Septembre 2025 (HFN58)

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