Le France Design Impact Award revient en 2026 avec 40 projets nominés, sélectionnés parmi près de 200 candidatures. Porté par l’APCI, le prix s’intéresse moins au seul résultat formel qu’aux effets concrets du design sur l’environnement, la société et l’économie. Les projets seront réunis dans une exposition présentée en avant-première à Maison&Objet, du 10 au 14 septembre, avant l’annonce des 14 lauréats le 18 septembre à Paris.
Le design peut-il démontrer son utilité autrement que par la qualité esthétique d’un objet ou d’un espace ? C’est précisément le terrain sur lequel se place le France Design Impact Award. Né dans le prolongement des Assises du Design de 2019, le prix distingue des projets capables de produire des résultats concrets pour les entreprises, les usagers, les territoires et la société. Design produit et industriel, espace, services, interfaces ou communication sont ainsi considérés sous le prisme de leurs impacts économiques, environnementaux et sociétaux. Près de 200 dossiers ont été déposés pour cette édition. Une première sélection en a retenu 80, avant que les jurys ne désignent les 40 projets nominés, dévoilés le 2 mai à la Foire économique de Tours.
Du logement à la mobilité, le design à l’épreuve des usages
La sélection offre surtout un panorama particulièrement large de ce que recouvre aujourd’hui le design. Les projets sont répartis autour de grandes scènes de la vie quotidienne : se soigner, vivre ensemble, habiter, se déplacer, communiquer, s’instruire ou produire. Dans l’univers de la maison, plusieurs propositions interrogent directement les matériaux et les ressources. Maison Cédrat est nominée avec « Lumia », une lampe à poser associant terre crue cirée et papier washi, développée avec des artisans en France. Julie Mallet Studio utilise pour ses luminaires et petits mobiliers l’impression 3D et un bioplastique à base d’amidon de maïs complété par des résidus organiques ou minéraux issus du réemploi. « Typha », imaginé par Studio Astoria, transpose quant à lui la récupération de l’eau de pluie aux contraintes du balcon : dépourvu de gouttière, le dispositif peut recueillir jusqu’à 17,5 litres d’eau. Le mobilier figure également parmi les terrains d’expérimentation. Laurent Badier Design, BIC et Régénération ont travaillé à partir de déchets plastiques dont les formes d’origine restent reconnaissables, sans broyage préalable. Une manière de réduire l’énergie nécessaire à leur transformation tout en faisant du matériau récupéré un élément visible de l’objet. Autre approche avec « Écrin des Nuages » de Camille Sardet, Clémence Bondon et Anaïs Fernon : les vitrages « feuille de sauge » des Tours Nuages à Nanterre sont réemployés dans une collection de tables fabriquées en France, croisant design, patrimoine et réemploi.
Concevoir autrement pour produire autrement
La catégorie « Produire » rassemble plusieurs projets qui interviennent directement sur les modèles de fabrication. « Simple. Toys » de Maxime Garros revisite des jouets élémentaires en les fabriquant en France à partir d’une matière recyclée unique, choisie pour faciliter leur durabilité et leur recyclage. OpenTools présente de son côté « Open Printer », une imprimante open source conçue pour être réparable, fabriquée localement à partir de composants standards et utilisant des consommables reconditionnés. La question de la surproduction apparaît également avec Bigbang, maison d’édition créée par Sydney Sillam et Ekanza Assalé. Les objets y sont proposés en précommande et leur fabrication n’est engagée que lorsque le seuil nécessaire est atteint. Noemi Cortizas, avec « Vivahard et Vivasoft », transforme pour sa part des vêtements en fin de cycle difficiles à recycler en matériaux, mobilier, accessoires et équipements produits localement dans le nord de la France.
Ionna Vautrin à la présidence du jury
Le Grand Jury 2026 est présidé par la designer industrielle Ionna Vautrin, diplômée de l’École de design Nantes Atlantique. Son parcours comprend notamment la conception des lampes des espaces TGV et des nouveaux mobiliers d’accueil du public de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pour la designer, les projets les plus pertinents sont désormais ceux capables de répondre simultanément à plusieurs problématiques – environnement, usages, inclusion, économie, accessibilité ou qualité de vie. Elle souligne également l’élargissement du rôle du design à des domaines moins visibles, parmi lesquels les services et les politiques publiques. L’évaluation repose sur trois grands champs – environnemental, sociétal et économique – et mobilise 28 professionnels. La grille d’analyse s’appuie notamment sur les 17 Objectifs de développement durable des Nations unies.
Première étape à Maison&Objet
Les 40 nominés du France Design Impact Award 2026 seront exposés à Maison&Objet, à Paris Nord Villepinte, du 10 au 14 septembre. L’exposition gagnera ensuite Paris dans le cadre de France Design Week, puis Saint-Étienne pour la clôture de l’événement et l’ouverture de la Galerie Nationale du Design. Les 14 lauréats seront dévoilés le 18 septembre 2026 à Paris, lors de la soirée inaugurale de France Design Week. Les distinctions couvrent notamment l’impact environnemental, sociétal et économique, la médiation, l’optimisation des ressources, la transmission ou encore la réinvention des usages. Un Grand Prix et un prix coup de cœur du public complètent le palmarès.



Source : Communiqué de presse 2026










































