L’actu RSE des entreprises
La responsabilité sociétale n’est plus une posture mais un mouvement de fond, nourri au quotidien par des gestes concrets, des choix structurants et une vision durable. De l’éco-conception aux démarches de certification, du partage de savoir-faire à la mobilisation collective, les initiatives se multiplient et témoignent d’une même conviction : la RSE se construit dans le temps long, patiemment, à force de cohérence et d’engagement. Tour d’horizon d’actualités récentes qui, chacune à leur manière, incarnent cette dynamique.

Écoconception systémique : Peugeot Frères Industrie structure un modèle industriel plus robuste
Présent lors du salon Produrable, Peugeot Frères Industrie a partagé son retour d’expérience sur l’intégration de l’écoconception à l’échelle du portefeuille produits. Une démarche pensée sur le temps long, qui vise à aligner impact environnemental, performance économique et robustesse industrielle, tout en renouvelant le discours adressé aux marchés et aux consommateurs. Dans un contexte réglementaire et économique de plus en plus exigeant, Peugeot Frères Industrie affirme une approche pragmatique de la transformation durable. À travers le programme « Peugeot Way », le groupe structure ses engagements autour de la fabrication en proximité, de la durabilité des produits, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la mobilisation du collectif. L’objectif est de dépasser une logique d’optimisation ponctuelle afin d’ancrer l’écoconception au cœur des processus industriels et décisionnels. Cette orientation repose sur l’idée que l’impact environnemental d’une entreprise industrielle se joue avant tout au niveau de ses produits, depuis leur conception jusqu’à leur fin de vie.
Illustrant cette approche, Peugeot Saveurs a présenté le cas du moulin « Paris » Poivre, analysé sous l’angle de l’écoconception. Le travail engagé ne se limite pas aux choix de matériaux moins impactants. Il intègre la réduction de matière, l’optimisation des pièces en bois, la facilitation de la réparation et l’allongement de la durée de vie. Autant de leviers évalués de manière multifactorielle, en croisant impact environnemental, faisabilité technique, perception client et équilibre économique. « L’écoconception n’est pas une approche exclusivement environnementale : elle doit rester désirable, fonctionnelle et économiquement viable pour créer de la valeur durable », souligne Stéphanie Barthoulot, Responsable communication et RSE Peugeot Saveurs.
Au-delà des outils et des méthodologies, la réflexion engagée ouvre également sur la nécessité de réinventer les récits qui accompagnent l’évolution des modèles industriels. Sortir d’une logique de croissance infinie, rendre la sobriété et le renoncement désirables, séduire par le plaisir d’usage, la qualité de l’objet, le goût et la durabilité : autant de leviers désormais essentiels pour accompagner l’évolution des comportements. « L’enjeu n’est pas de culpabiliser le consommateur, mais de l’aider à adopter de nouveaux usages en valorisant des alternatives positives et aspirantes », souligne Stéphanie Barthoulot. Dans cette perspective, la promotion de moulins conçus pour durer toute une vie s’inscrit comme une réponse concrète face à la banalisation des produits jetables, réconciliant plaisir, sens et responsabilité.
Enfin, la démarche prend toute sa dimension à l’échelle du portefeuille. En comparant les intensités carbone, les volumes et la contribution économique des différentes références, Peugeot Frères Industrie se donne les moyens d’arbitrer et de prioriser ses choix industriels sur le moyen et le long terme. Cette vision systémique permet d’identifier les points d’équilibre entre stratégie business et performance environnementale, tout en renforçant la résilience du modèle industriel. Pour le groupe, l’écoconception devient ainsi un véritable levier de pilotage stratégique, au service d’une industrie plus robuste, plus cohérente et en phase avec les attentes sociétales contemporaines.
COP30 climat : le compte rendu de Francéclat sur une conférence charnière mais contrastée

Francéclat propose un compte rendu analytique de la COP30 (Brésil 2025), dix ans après l’Accord de Paris. Cette conférence s’est déroulée dans un contexte géopolitique tendu, marqué par l’absence des États-Unis, le renforcement du bloc des BRICS et la présence affirmée de plusieurs pays producteurs d’hydrocarbures, tandis que les pays les plus vulnérables attendaient des engagements concrets en matière de financement de l’adaptation climatique. Réunissant plus de 200 États signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, ainsi que des observateurs issus des collectivités, entreprises, ONG et milieux scientifiques, la COP30 avait pour ambition de traduire les engagements existants en outils opérationnels. Présentée sous la présidence brésilienne comme la « COP de la mise en œuvre », elle devait notamment préciser les trajectoires permettant de limiter le réchauffement à 1,5 °C, d’accélérer la transition énergétique et de consolider un nouvel objectif collectif de financement climatique, fixé à 300 milliards de dollars par an à partir de 2035. Au terme de négociations difficiles, la COP30 s’est conclue par une « décision Mutirão », qualifiée de compromis imparfait par de nombreux observateurs. Si un triplement des financements pour l’adaptation est acté, sa mise en œuvre est repoussée à 2035 sans calendrier précis. Aucun engagement contraignant n’a été pris concernant la sortie des énergies fossiles, et les premiers indicateurs d’adaptation adoptés ont été jugés insuffisamment robustes par plusieurs États, leur révision étant déjà renvoyée à 2026. En complément des décisions intergouvernementales, le Global Climate Action Agenda, détaillé dans le rapport publié par la CCNUCC en novembre 2025, met en lumière le rôle croissant des acteurs non étatiques. Il recense les engagements volontaires de villes, d’entreprises et d’investisseurs sur des thématiques clés telles que les réseaux électriques, la transition juste, l’usage de l’intelligence artificielle au service de l’action climatique ou encore la protection des océans.
Cassina renforce sa stratégie RSE
Cassina publie son 4e rapport de développement durable, confirmant une démarche volontaire de transparence autour de ses performances environnementales, sociales et de gouvernance. Cette édition structure ses engagements autour de quatre piliers : la vision et les valeurs de la marque, le produit, les personnes et la planète. Pour la première fois, le document intègre également la Design Division de Haworth Lifestyle, réunissant Cassina, Karakter, Zanotta et Cappellini sous la direction de Luca Fuso, ainsi que des annexes dédiées à Zanotta et Cappellini.
Sur le plan produit, Cassina poursuit le déploiement d’un design conscient, intégrant dès la conception des principes de circularité sans compromis sur l’esthétique ni le confort. En 2024, l’usage de matériaux recyclés et de mousses issues de sources biologiques devient un standard dans les produits rembourrés, tandis que la « démontabilité » totale ou partielle progresse. Cette approche s’appuie sur un outil de circularité interne, aligné sur la norme ISO 59000 et vérifié indépendamment, permettant d’évaluer précisément les scénarios de fin de vie. Les modèles « Dudot » de Patricia Urquiola et la nouvelle édition du « Cornaro » de Carlo Scarpa illustrent cette démarche par leur recyclabilité et leur conception entièrement démontable.
La dimension humaine reste centrale. Cassina a obtenu en 2024 et 2025 la certification Top Employer, reconnaissant sa stratégie RH, et a lancé sa première « Quality Week », un programme de formation interne consacré aux matériaux et à l’excellence manufacturière. Enfin, la marque poursuit ses engagements environnementaux avec des objectifs structurants : 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2025, réduction des émissions validée par la Science Based Targets initiative, et ambition de zéro déchet en décharge sur l’ensemble de ses sites. Une trajectoire qui confirme la volonté de Cassina d’inscrire la durabilité au cœur de toutes ses décisions industrielles et créatives.
EuroKera récompensé au Grand Prix de la marque engagée 2025
EuroKera a reçu le Prix Bronze B2B au Grand Prix de la Marque Engagée 2025 pour sa surface de cuisson « Slim », à l’issue de la cérémonie organisée en octobre 2025 par LinkUp et Produrable. Cette distinction salue l’engagement du groupe en faveur d’une innovation responsable.
Développée en vitrocéramique, la technologie « Slim » permet de réduire de 20 % le poids et l’épaisseur des surfaces de cuisson, limitant ainsi l’utilisation de matières premières, les consommations énergétiques et les émissions de CO₂ lors de la fabrication, tout en conservant des performances équivalentes aux plaques standards. Une approche qui illustre la stratégie d’EuroKera consistant à repenser la conception des matériaux afin de réduire leur empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie.

James Dyson Award
L’édition 2025 du James Dyson Award distingue deux innovations issues du design étudiant international, chacune dotée de 30 000 € pour soutenir son développement. Les projets lauréats ont été salués pour leur capacité à répondre à des enjeux environnementaux et sociétaux majeurs.
Conçu par Filip Budny, doctorant en nanotechnologie à l’Université technologique de Varsovie, « WaterSense » est un capteur de qualité de l’eau fonctionnant en continu. Élaboré à partir de papier recyclable et alimenté par un hydrogénérateur, le dispositif s’appuie sur une plateforme d’intelligence artificielle capable de détecter les pollutions en temps réel et d’anticiper les risques jusqu’à 72 heures à l’avance. Le second prix revient à Alessandra Galli, designer italienne diplômée de l’Université de Delft, pour « OnCue », un clavier connecté intégrant des vibrations et des signaux lumineux afin d’aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à maintenir un rythme de frappe régulier. Adaptable à chaque utilisateur, le dispositif améliore le confort d’utilisation numérique et l’autonomie au quotidien. Depuis 2002, le James Dyson Award a déjà récompensé plus de 400 jeunes inventeurs à travers le monde, confirmant l’engagement de la Fondation James Dyson en faveur d’une ingénierie tournée vers le progrès et l’innovation responsable.
Le Jacquard Français
Avec la collection « Dune », Le Jacquard Français affirme une démarche RSE ancrée dans le produit, démontrant que la responsabilité environnementale peut nourrir l’esthétique autant que le sens. Inspirée des paysages désertiques et d’un savoir-faire ancestral, cette ligne PE 2026 propose une vision engagée du textile de maison, où la matière devient un véritable levier de transformation durable. Pensée comme une évocation sensible du Sud et de l’Afrique du Nord, la collection puise ses références dans les tentes de bergers, les architectures en tadelakt et les jeux de lumière des dunes.
Au-delà de l’inspiration, « Dune » se distingue par un engagement RSE concret et mesurable. La collection intègre 61 % de fils « Re-Fil », issus de la valorisation des chutes de production internes de la Maison. Cette démarche circulaire, inscrite dans la charte « We Do Care », traduit une volonté de repenser la matière dès l’amont, de limiter les déchets et de donner une seconde vie aux ressources existantes, plaçant ainsi l’écoconception au cœur du développement produit sans compromis sur la qualité ni sur l’exigence esthétique. Tissée dans la manufacture vosgienne de la marque, la collection prolonge un savoir-faire jacquard reconnu, tandis que le choix d’une teinture-teint garantit un rendu authentique et durable, pensé pour traverser le temps.
Cette vision prendra forme à Maison&Objet, où Le Jacquard Français présentera ses nouvelles collections sur son stand hall 6, ainsi que sur l’espace « Manufactures d’excellence », une installation dédiée aux plus beaux savoir-faire patrimoniaux français au service du contrat, conçue en partenariat avec le Réseau Excellence de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant. La marque sera également présente avec une vitrine sur mesure dans l’espace « What’s New? In Hospitality ». À l’occasion de Paris Déco Home, Le Jacquard Français déploiera une présence en trois temps. La nouvelle boutique située au 28 rue Bonaparte s’inscrira dans le parcours officiel de visite et incarnera la vision contemporaine de la Maison en matière de retail, conjuguant expérience, narration produit et mise en valeur du savoir-faire. La marque investira également l’espace extérieur dédié aux savoir-faire avec un fauteuil surdimensionné tapissé du décor « Promenade impériale » (Collection PE 2026). Enfin, elle participera à une exposition photographique organisée par Yellow Korner consacrée au travail de la main et aux gestes de fabrication.

Table & Nature acteur de la transition écologique
Table & Nature a accueilli en fin d’année Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la transition écologique, pour une visite placée sous le signe de l’innovation et de la vaisselle durable. Cet échange a permis de présenter les travaux de l’entreprise autour de sa gamme de vaisselle végétale conçue à partir de PLA, un bioplastique sans pétrole, des usages du quotidien. À travers cette rencontre, la jeune entreprise a mis en avant une approche fondée sur la durabilité des objets et leur fin de vie maîtrisée. Les produits qu’elle développe sont conçus pour être facilement recyclables, sans pollution de l’eau, et biodégradables en milieu industriel, marquant une rupture avec les plastiques conventionnels. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de performance d’usage autant que de responsabilité environnementale. La venue du ministre délégué auprès d’une start-up française pionnière dans les biomatériaux témoigne d’une volonté politique affirmée de soutenir des initiatives conciliant innovation, transition écologique et autonomie industrielle. L’annonce de l’arrivée du PLA en France à l’horizon 2027 ouvre de nouvelles perspectives pour la filière, auxquelles Table & Nature entend pleinement contribuer.
Source : Home Fashion News Janv 2026