Le rotin est une seconde nature pour le fabricant français de mobilier qui fête ses 140 ans. La maison L. Drucker est connue pour sa célèbre « French Bistrot Chair », mais son catalogue est bien plus large. Depuis sa reprise par Bruno Dubois, ingénieur du milieu, l’entreprise spécialisée dynamise son héritage en misant sur le design, la couleur et l’innovation. Un site de production flambant neuf vient d’ouvrir près de Compiègne.

À Vénette, le bâtiment construit par L. Drucker marque une étape importante dans son développement. L’ancien atelier de fabrication, consacré au rotin, et l’immense stock logistique abritant plus de 15 000 pièces, laissent place à un espace d’exposition imaginé par Philippe Model, collaborateur de longue date. Le showroom de 600 m² présente les modèles disponibles.
Soin et ensemble esthétique, haut en couleur, il est pensé sans évoquer un air de déjà-vu du mobilier intemporel en rotin. Les sièges patrimoniaux s’harmonisent avec des créations audacieuses signées de designers contemporains. Bruno Dubois, à la tête de l’entreprise depuis 2006, a mis son expertise industrielle au service de la belle armoire. La maison L. Drucker exporte dans plus de soixante pays et incarne un renouveau sur la scène de la décoration intérieure.
À l’origine du rotin
Bruno Dubois, ingénieur de formation, a toujours eu un penchant pour les matières et le design fonctionnel. Lorsqu’il découvre la PME spécialisée dans le rotin, il est séduit par la richesse du savoir-faire. « Le rotin, c’est le cuir du meuble », explique-t-il. La passion devient un projet d’entreprise lorsqu’il rachète la société en 2006, marquant le début d’une nouvelle ère pour cette maison patrimoniale fondée en 1885.
La marque L. Drucker, qui a longtemps accompagné les cafés, brasseries et terrasses de la capitale, se réinvente en misant sur le sur-mesure et la créativité. Le mobilier de bistrot se modernise, tout en préservant ses codes. Les modèles iconiques — chaises à cannage, tabourets, fauteuils et banquettes — continuent d’être fabriqués en France selon des techniques artisanales centenaires.
L’artisanat dans les règles de l’art
Depuis son rachat, L. Drucker Paris est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). Ce label valorise l’excellence du savoir-faire français et la pérennité d’un geste artisanal transmis de génération en génération.
Fidèle à l’ADN de la marque, Bruno Dubois poursuit la modernisation de l’entreprise tout en respectant les méthodes historiques. « L’enjeu est de relier la tradition au design contemporain, sans jamais trahir l’esprit de nos ateliers », confie-t-il.
Dans les ateliers, les artisans façonnent chaque assise à la main. Les cannages de rotin naturel, choisis pour leur souplesse et leur résistance, sont tissés sur des structures en hêtre ou en aluminium, selon l’usage. Les finitions, souvent vernies ou teintées, apportent la touche finale à des créations reconnues dans le monde entier.
Collaborations originales et stratégie internationale
Sous l’impulsion de Bruno Dubois, L. Drucker s’ouvre à de nouveaux horizons. Si l’entreprise reste fidèle à la chaise bistrot qui fit sa renommée — du Café de Flore au Château Marmont —, elle multiplie les collaborations avec des designers et maisons internationales. Parmi eux : India Mahdavi, Philippe Model, Paola Navone, Christian Liaigre, Jacques Garcia ou Patrick Norguet.
Chaque projet devient une relecture du patrimoine Drucker, intégrant des motifs, des couleurs et des formes audacieuses. Cette ouverture créative contribue à faire dialoguer l’héritage français avec une vision contemporaine.
En conjuguant authenticité, innovation et esthétique, L. Drucker confirme son statut d’ambassadrice du savoir-faire artisanal français, inscrivant le rotin dans la modernité sans jamais rompre avec son âme d’origine.
Source : Magazine Home Fashion News – Novembre 2025 (HFN59)






















































