Dans un environnement économique et immobilier contraint, le marché français de l’électroménager confirme en 2025 sa capacité de résistance. Si les volumes s’ajustent, la création de valeur demeure étroitement liée à l’innovation, à l’efficacité énergétique et à l’intégration de fonctionnalités intelligentes répondant à des bénéfices d’usage clairement identifiés.

Présenté par le GIFAM aux côtés de NielsenIQ-GfK, le bilan 2025 établit un marché global de 9,8 milliards d’euros pour 75,8 millions de produits vendus. Le gros électroménager représente 55 % de la valeur pour 19 % des volumes, tandis que le petit électroménager concentre 81 % des unités écoulées et 45 % de la valeur. Au total, l’univers de l’équipement de la maison pèse 25,5 milliards d’euros en 2025, en léger recul de 2 %, dans un contexte où les biens durables demeurent plus exposés que la grande consommation.
Un parc installé massif et durable
L’électroménager constitue un socle structurant de l’équipement des ménages français. En moyenne, chaque foyer possède 7,3 appareils de gros électroménager et 22,7 appareils de petit électroménager. La durée moyenne de détention dépasse 12 ans pour le GEM et 10 ans pour le PEM.
Le parc national atteint 218 millions d’appareils de GEM et 704 millions de PEM, confirmant le poids structurel du secteur. Par ailleurs, 97 % des foyers possèdent au moins un appareil de gros électroménager d’une marque membre du Gifam et 98 % au moins un appareil de petit électroménager.
L’intelligence embarquée et la performance énergétique comme moteurs
Les offres connectées et intégrant l’intelligence artificielle représentent désormais 1,5 milliard d’euros. Leur part progresse nettement depuis 2021, atteignant 17,8 % de la valeur en gros électroménager et 12,3 % en petit électroménager.
Dans le gros électroménager, ces appareils progressent de 3,5 % en valeur alors que le marché global recule de 4,5 %. Le froid intelligent affiche une hausse de 17 % et la cuisson connectée de 18 %. En petit électroménager, la dynamique est encore plus marquée avec 31 % de croissance en valeur, portée à 70 % par l’entretien des sols.
L’argument énergétique reste central. 96 % des consommateurs déclarent être attentifs à la consommation d’énergie. Le passage d’une étiquette E à A permet jusqu’à 45 % d’économie, ce qui explique la progression continue des appareils les mieux classés.
Le baromètre Trajectoires 2025 du Gifam montre que la réduction des consommations, l’amélioration du confort et le gain de temps constituent les bénéfices les plus attendus.
Un gros électroménager corrélé à l’immobilier
Avec 5,38 milliards d’euros, le gros électroménager recule de 4,5 % en 2025 mais demeure supérieur à son niveau de 2019. Le marché français subit un repli plus marqué que certains voisins européens. La corrélation avec les transactions immobilières reste déterminante. Après un pic exceptionnel entre 2021 et 2022, la construction neuve tarde à redémarrer. L’encastrable recule de 7,3 % contre 2,8 % pour la pose libre. Les cuisinistes sont particulièrement impactés, tandis que le online gagne un point pour atteindre 22 % de la valeur. Certaines innovations créent néanmoins de la valeur. Les plaques avec hotte intégrée progressent en volume et en valeur. Les finitions mates surperforment nettement. Les réfrigérateurs multiportes affichent une croissance à deux chiffres, tandis que les sèche-linge à pompe à chaleur continuent de séduire pour leurs performances énergétiques et le respect du linge. L’année 2025, quatrième plus chaude depuis 1900, a également soutenu les ventes d’appareils météo-sensibles comme les réfrigérateurs.
Un petit électroménager toujours créateur de valeur
Le petit électroménager atteint 4,41 milliards d’euros, en hausse de 2,9 %, avec une dynamique positive dans l’ensemble des grands marchés européens. Les prix moyens se stabilisent après les tensions inflationnistes. L’entretien des sols pèse 33 % du chiffre d’affaires du PEM et progresse fortement. Les aspirateurs balais-laveurs bondissent de 66 %, générant 127 millions d’euros supplémentaires en un an. Les robots aspirateurs progressent de 28 % et représentent désormais près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le confort domestique profite d’épisodes caniculaires plus intenses qu’en 2024. Les climatiseurs mobiles et les ventilateurs enregistrent des croissances spectaculaires. L’airfryer s’installe durablement comme pilier du petit électroménager avec plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et près de quatre foyers sur dix équipés. Les blenders poursuivent leur dynamique, tandis que les défroisseurs vapeur progressent fortement, traduisant une évolution des usages plus complémentaire que substitutive au repassage traditionnel.
Durabilité, régulation et vigilance concurrentielle
Les produits affichant un indice de réparabilité supérieur à 8 sur 10 gagnent du terrain. Les marques membres du Gifam obtiennent une note moyenne significativement supérieure à celle des marques de distributeurs, confirmant le rôle de l’innovation et de la qualité dans la création de valeur.
Le Gifam alerte toutefois sur la multiplication des indices et sur les risques liés à la prolifération de produits low-cost sur certaines marketplaces. L’enjeu porte autant sur la sécurité du consommateur que sur l’équité concurrentielle, dans un contexte où les contrôles demeurent insuffisants au regard du volume d’offres disponibles en ligne.
Perspectives et transitions démographiques
Pour 2026, les prévisions anticipent un recul limité du gros électroménager et une progression modérée du petit électroménager, sous réserve d’un contexte immobilier plus favorable.
Au-delà du court terme, les évolutions démographiques redessinent les besoins. La baisse de la natalité, le vieillissement de la population et la réduction progressive de la taille des ménages ouvrent des perspectives pour des formats plus compacts et multifonctions. Les premiers signaux sont déjà visibles avec la progression des appareils de petite capacité, des lave-vaisselle étroits ou encore des lave-linge séchants.
Dans un marché mature et fortement équipé, la croissance repose désormais sur la pertinence des innovations, la performance énergétique et l’adéquation aux nouveaux modes de vie. L’électroménager confirme ainsi son statut de secteur stratégique, au croisement de la transition énergétique, de l’évolution des usages domestiques et des transformations démographiques.


























































