Cinq ans après leur première collaboration « Rétrospective », Lelièvre Paris et Maison Leleu renouvellent leur dialogue créatif autour d’« Empreintes ». Disponible depuis septembre 2026, la collection réunit sept tissus et deux tapis imaginés par Alexia Leleu. Broderies, jacquards, velours et jeux de reliefs composent un répertoire décoratif où les références Art déco rencontrent une écriture résolument contemporaine.

Fondée en 1914, Lelièvre Paris perpétue depuis quatre générations une expertise textile reconnue dans l’univers de la haute décoration. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant dès 2006 et membre du Comité Colbert depuis 2024, la maison entretient des relations privilégiées avec les grandes signatures de la décoration et du design. Sa nouvelle collaboration avec Maison Leleu réunit deux maisons françaises attachées à l’excellence des savoir-faire, à la richesse des matières et à une création nourrie par leur patrimoine respectif.
À la tête de Maison Leleu depuis 2018, Alexia Leleu perpétue l’héritage de son arrière-grand-père Jules Leleu, figure majeure de l’Art déco et de la tradition française des ensembliers-décorateurs. Son approche créative accorde une place essentielle à l’observation et à l’expérimentation. Une ligne architecturale, un détail de mobilier, une matière ou une scène du quotidien peuvent devenir le point de départ d’un nouveau dessin. Les archives familiales constituent ainsi une source d’inspiration privilégiée, que la créatrice associe à des références plus contemporaines pour développer son propre langage décoratif.
Baptisée « Empreintes », la collection est née d’un travail étroit entre Alexia Leleu et le studio de création de Lelièvre Paris. La recherche a porté autant sur l’écriture des motifs que sur leur interprétation textile : échelles des dessins, sélection des fils, armures de tissage, broderies et effets de relief ont fait l’objet de développements spécifiques. Sept tissus et deux tapis composent cet ensemble, caractérisé par la précision de ses compositions graphiques et une attention particulière portée à la matière, à la texture et à la lumière.
Sept tissus, entre expression graphique et sophistication des matières
Deux broderies ouvrent la collection en proposant une lecture contemporaine du répertoire décoratif de l’Art déco. « Sylve » réinterprète le motif végétal dans une composition géométrique au rythme affirmé. La répétition des formes organiques compose un dessin rigoureux, auquel la broderie apporte profondeur et finesse d’exécution. Réalisé sur une étoffe majoritairement composée de lin et de viscose, le tissu se décline en quatre coloris : Naturel, Mordoré, Bronze et Sienne. « Néo » résulte quant à lui de la rencontre entre deux dessins distincts, une rayure revisitée et une composition géométrique inspirée d’un tapis. Leur association donne naissance à un motif original, animé par une broderie en fil coupé dont le relief plumeux apporte une dimension particulièrement tactile. Ses quatre nuances, du Naturel à l’Acajou, prolongent les harmonies de « Sylve » et favorisent les associations au sein d’un même projet décoratif.
L’héritage de Maison Leleu trouve une expression plus directe dans « Eldora ». Emprunté aux archives de la maison, son motif floral a été agrandi pour prendre toute son ampleur dans des applications en rideaux. Le tissage jacquard lui confère un relief évoquant les boiseries sculptées caractéristiques des intérieurs signés Leleu. Décliné en Nacre et Mordoré, le tissu révèle toute la profondeur de son dessin au gré des variations de lumière. Une seconde interprétation de ce motif apparaît dans « Tanoa », où le travail des armures et l’introduction de fils brillants accentuent sa présence graphique et lui donnent une dimension presque architecturale. Réalisé en polyester FR, ce jacquard destiné aux rideaux et aux sièges présente une résistance de 40 000 tours Martindale. Ses trois coloris, Naturel, Mordoré et Boisé, permettent de prolonger l’écriture décorative d’« Eldora » dans des applications complémentaires.
Des faux-unis aux effets de matière raffinés
En complément des compositions les plus ornementales, Lelièvre Paris et Maison Leleu proposent trois tissus dont la sophistication repose sur un travail plus discret du dessin et de la texture. « Élan » se présente comme un faux-uni animé par une rayure bicolore irrégulière. Le mélange des fils et l’utilisation de chenille créent une vibration horizontale qui donne du mouvement à la surface. Décliné en Boisé, Camel et Kaki, ce jacquard convient aux sièges comme aux rideaux et affiche une résistance de 20 000 tours Martindale. « Instant » trouve son origine dans une archive de papier peint de Maison Leleu associant un arbre à un quadrillage. Le dessin a fait l’objet d’un travail d’épure progressif, jusqu’à ne conserver qu’une évocation graphique de l’écorce. Réalisé en coton mélangé, ce jacquard intègre des fils de chenille en trame qui lui confèrent souplesse et relief. Sa palette particulièrement étendue constitue l’un de ses principaux atouts pour les prescripteurs : quinze coloris, des neutres Écru et Naturel aux nuances plus profondes de Grenat, Nuit, Bronze ou Jade, offrent de nombreuses possibilités de coordination. Sa résistance de 40 000 tours Martindale permet également d’envisager une grande diversité d’applications dans les projets d’aménagement intérieur. Le velours « Bestia » introduit une écriture plus audacieuse, aux accents animaliers. Son dessin provient d’un détail isolé dans un ancien motif de poisson, dont les ponctuations ont été recomposées pour former un nouveau langage graphique. Le velours épinglé sur fond jacquard crée de subtils contrastes entre les surfaces mates et les reliefs, tandis que l’emploi de fils métallisés évoque les patines précieuses du mobilier Leleu. Proposé en six coloris, ce tissu présente une résistance de 100 000 tours Martindale, une performance particulièrement adaptée aux exigences des applications en siège.
Deux tapis, une nouvelle échelle d’expression
La collaboration se prolonge dans l’univers du tapis avec deux créations exclusives dessinées par Alexia Leleu. La créatrice reprend certains éléments du vocabulaire textile de la collection pour les recomposer par jeux de collage et de superposition. Les motifs acquièrent ainsi une nouvelle ampleur, pensée en relation avec les volumes et l’architecture intérieure. « Orygyn » associe la rigueur d’un encadrement géométrique à la liberté d’un motif central ramifié. Les lignes végétales se déploient dans une composition aux accents Art déco, dont les variations de proportions et les mouvements apportent une grande richesse visuelle. Proposé dans le coloris Automne, ce tapis de 340 × 410 cm est entièrement tufté à la main en laine de Nouvelle-Zélande. « Naya » privilégie une composition fondée sur la superposition de trois formes géométriques. En son centre, un motif emprunté au tissu « Bestia » reprend le détail animalier issu des archives de Maison Leleu. Les différentes échelles de dessin créent un effet de profondeur, souligné par les nuances du coloris Bleu d’eau. Également tufté à la main en laine de Nouvelle-Zélande, ce modèle mesure 330 × 430 cm. Les deux tapis présentent une hauteur de poil de 8 à 10 mm et sont conçus pour un usage en trafic intense. Leur réalisation témoigne de la volonté commune des deux maisons d’explorer les possibilités offertes par les savoir-faire textiles, du raffinement d’un détail brodé à l’expression d’un motif à l’échelle d’un espace intérieur.

















































