La lumière est une matière vivante qui habite et met en scène l’espace. Pratiques artisanales revisitées et alchimies novatrices produisent des objets à part, pièces uniques et petites séries à la poésie matérielle. Focus sur six visions éclairées dans le domaine de l’éclairage.

Luft Tanaka
Une nature expérimentale anime Luft Tanaka, designer japonais basé à New-York depuis 2008. À la Parsons School of Design, il approfondit son goût pour les process de fabrication et en développe un spécifique, pour son projet de fin d’études. Le coulage en barbotine lui donne l’idée de remplacer le plâtre par des rebuts de cuir. Le moulage de la porcelaine dans le cuir, qu’il a cousu au préalable, signe ses luminaires innovants. La série « Kawa » (cuir ou peau en japonais) porte bien son nom. Appliques, lampes, suspensions – mais aussi des vases – dessinent dans l’espace des volumes aléatoires, expressifs, aux accents brutalistes. Luft Tanaka a été révélé à Paris par la galerie Triode.
Luz Editions
« Luz » en portugais signifie lumière. Un nom évident pour Paula Franco qui accorde au luminaire une place de choix au sein de sa marque déco. Elle la lance en 2020 à son retour à Lisbonne après une carrière chez L’Oréal. À l’écoute de ses racines, la Franco Portugaise puise dans la tradition artisanale de la céramique. Ses suspensions, dont certaines se déclinent en baladeuses nomades, sont empreintes d’authenticité et de poésie. Leurs formes simples s’inspirent du passé, l’Art nouveau, les années 1920-30… Les couleurs subtiles valorisent la matière, soulignant des finitions brillantes, craquelées… Chaque pièce est unique, façonnée à la main à la commande.
Obscurae
Samuel Accoceberry est un designer qui combine le savoir-faire et l’innovation depuis l’ouverture de son studio en 2010. Édité entre autres chez Alki, La Boîte Concept ou S2BI, il diversifie son répertoire graphique en osant une esthétique minimaliste. En 2025, il a ajouté une corde à son arc en lançant sa marque de luminaires en albâtre. Un matériau qui valorise le geste et les techniques auxquels il est très attaché. La première collection d’Obscurae explore la lumière à travers la pierre brute. Chaque pièce est façonnée dans un seul bloc et numérotée, signée. Lampes de table et luminaires empruntent à l’architecture antique leurs formes sculpturales, leurs lignes pures et intemporelles. Telle « Volca », une colonne revisitée semblable à un « paysage poétique ».
Mu
L’artisan du silicone est un champ d’expression peu exploré et un métier encore méconnu. Emilie Griès s’y consacre pleinement depuis qu’elle s’est spécialisée dans les matériaux composites, à l’issue de ses études de céramique et de sculpture. En 2016, elle crée le studio Mavec au terme du diplôme d’Ensaama, Jérémie Bernard. Elle développe notamment les coulures, façonnant des éléments en laiton. « Le silicone a été inventé à la fin des années trente, rappelle du co-fondateur. Il est composé de silicium et d’oxygène, son origine est minérale. » Une apparence que Mu donne à ses luminaires souples, sensuels. La série « Fungja » s’inspire des fonds marins. Des lamelles, qui ressemblent à des strates minérales en mouvement, se parent de couleurs stellaires, parfois dorées à l’or 22 carats.
Hadrien Hach
Le trentenaire a fait ses débuts à Paris en 2025. Ses luminaires épurés et texturés à la fois, s’inscrivent à la croisée du fonctionnel et de l’ornemental. Ils sont le fruit de diverses expériences : études d’architecture et de design à Versailles et Milan, concept retail chez Louis Vuitton, collaborations créatives avec le verrier Emmanuel Barrois ou la maison Pouteau. Un voyage au Japon lui fait découvrir la découpe du bambou au sabre japonais, le fameux katana. « Je me suis souvenu de la forme nette des cylindres biseautés quand j’ai dessiné mes premières pièces », précise le designer. La dorure à la feuille mais aussi la résine cristallisée – issue du textile et de la chimie – sont au cœur de sa recherche formelle. La collection « Frozen Glow » sculpte une lumière chaude qui contraste avec les effets givrés.

Rif Luminaires
Alice et Loïc Riffelmacher ont choisi le début de leur nom pour baptiser la marque qu’ils ont fondée en 2019. Rif désigne aussi les initiales de « rêver, installer, fabriquer ». Une ligne de conduite pour ces Marseillais qui placent la fabrication raisonnée et les matières revalorisées au centre de leur pratique créative et entrepreneuriale. Les suspensions, appliques ou lampes à poser se composent de MDF, issu de chutes de bois ou de bois recyclé, labellisé FSC. Les diffuseurs sont aussi en bioplastique imprimé en 3D. Quant à l’élastique de contour, qui signe chaque modèle, il se compose de latex naturel, à choisir parmi plusieurs couleurs. Graphiques, organiques, les luminaires Rif structurent l’espace avec une élégance sculpturale et une légèreté vertueuse. Ils sont aussi livrés prêt à monter et réparables.
Source : Home Fashion News Janv26









































