Dans un contexte économique toujours marqué par la prudence des ménages et un marché immobilier encore fragilisé, le secteur du bricolage montre des signes de résistance. Selon les chiffres dévoilés par la Fédération des magasins de bricolage et INOHA, l’activité des grandes surfaces spécialisées recule de 1,4 % en 2025, une baisse plus contenue qu’en 2024, tandis que plusieurs rayons clés poursuivent leur progression.
Après une contraction de 4,3 % en 2024, le marché français du bricolage sur le circuit des grandes surfaces spécialisées affiche un recul limité à 1,4 % en 2025. Le chiffre d’affaires du secteur atteint ainsi 21,8 milliards d’euros TTC. Si l’environnement économique demeure peu favorable, les enseignes bénéficient d’une meilleure résistance de la consommation liée à l’habitat, dont les dépenses restent supérieures à leur niveau d’avant-crise sanitaire. L’étude publiée conjointement par la Fédération des magasins de bricolage et INOHA repose désormais exclusivement sur les performances des grandes surfaces spécialisées, en intégrant les ventes réalisées en magasin ainsi que les ventes en ligne opérées directement par les enseignes. Les places de marché et les prestations de pose assurées par des partenaires ne sont pas prises en compte dans ce périmètre.
L’année 2025 a été marquée par un léger redémarrage du marché de l’immobilier ancien, dont les transactions progressent de 13 % par rapport à 2024 pour atteindre 951 000 ventes. Malgré cette amélioration, le seuil du million de transactions n’est pas retrouvé et les ménages continuent d’arbitrer leurs dépenses face à un climat économique jugé incertain. Dans ce contexte, les rayons liés au confort du logement et à la performance énergétique figurent parmi les principaux moteurs du marché. Le chauffage enregistre une progression de 3,3 % en 2025 et affiche désormais une hausse de 15 % par rapport à 2019. Cette dynamique est largement portée par les équipements de climatisation et de ventilation, dont les ventes progressent de 18 %, stimulées par un été particulièrement chaud et plusieurs épisodes caniculaires précoces. Les combustibles progressent également tandis que les équipements de chauffage électrique demeurent stables.
L’électricité constitue l’autre rayon en croissance avec une hausse de 0,6 % sur l’année et une progression de 13 % depuis 2019. Cette évolution traduit l’intérêt persistant des particuliers pour les travaux de rénovation ainsi que le développement des équipements destinés à améliorer la maîtrise énergétique du logement et son autonomie. D’autres univers affichent également une bonne résilience. Le segment plomberie, salle de bains et cuisine, qui représente à lui seul 15 % du chiffre d’affaires des enseignes spécialisées, limite son recul à 1,5 % tout en restant supérieur de 15 % à son niveau d’avant-Covid. Le rayon bois et menuiserie recule de 2,4 % mais conserve une avance de 11 % sur 2019. Le jardin fait preuve d’une remarquable stabilité avec une baisse limitée à 0,2 %, malgré des conditions météorologiques contrastées.
Le digital poursuit parallèlement sa montée en puissance. Les ventes en ligne progressent de 7,7 % en 2025 tandis que l’activité réalisée en magasin recule de 1,9 %. Le commerce électronique représente désormais 6,2 % du chiffre d’affaires des enseignes spécialisées, confirmant l’installation durable de nouveaux parcours d’achat dans l’univers du bricolage.
« Dans un environnement économique toujours complexe, les Français continuent de considérer leur habitat comme une valeur refuge. Les arbitrages de consommation existent, mais les besoins d’entretien, d’amélioration et de confort du logement demeurent structurels. Les enseignes de bricolage poursuivent ainsi leurs investissements dans les services, l’accompagnement des projets et les solutions liées à la rénovation énergétique », souligne Paul Cassignol, président de la Fédération des magasins de bricolage. Même constat du côté des industriels. « Malgré un contexte de marché encore tendu, les industriels de la filière poursuivent leurs efforts d’innovation afin de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, notamment en matière de performance énergétique, de durabilité et de confort de l’habitat », ajoute Jean-Luc Guéry, président d’INOHA.
Source : communiqué de presse 2026 – Photo ©iStock








































